L’opération consiste en l’émission de 55 172 nouvelles actions au prix de souscription de 1 450 dirhams par action, prime d’émission incluse. Le montant total de l’opération est de 79 999 400 dirhams, un apport de capitaux significatif pour un plan interne réservé, ce qui nécessite l’approbation explicite des autorités de marché.
La spécificité de cette augmentation de capital tient à sa cible restreinte : un maximum de 25 dirigeants de Sothema et de ses filiales, action rendue possible par la suppression du droit préférentiel de souscription des actionnaires existants. En clair, ce sont des responsables internes non les actionnaires ordinaires qui sont invités à souscrire ces nouvelles actions.
Pour beaucoup d’observateurs, une telle stratégie est double : elle sert à fidéliser les principaux cadres, en leur donnant une part directe dans le capital (et donc dans la réussite de l’entreprise), tout en les incitant à penser sur le long terme plutôt qu’à court terme. C’est une forme d’alignement des intérêts, qui signifie « nous réussissons ensemble », mais qui pose aussi des questions sur l’équité du traitement des actionnaires, surtout ceux de petite taille.
La période de souscription est courte du 12 au 16 mars 2026 à 15h30 ce qui, dans le monde financier, n’est pas inhabituel pour ce type de levée réservée : cela permet de verrouiller rapidement l’opération et de limiter l’exposition à des fluctuations de marché imprévues.
La Bourse de Casablanca jouera son rôle ensuite en enregistrant l’opération et en publiant les résultats finaux le 24 mars prochain, date à partir de laquelle on saura précisément si tous les dirigeants ciblés ont effectivement souscrit aux actions proposées.
Ce type de levée de capitaux n’est pas isolé dans l’histoire récente de Sothema. Fin 2025, le groupe avait déjà finalisé une opération bien plus importante — près de 630 millions de dirhams par apport en nature dans le cadre de l’acquisition de Soludia Maghreb, un acteur clé de l’hémodialyse au Maroc, opération qui avait aussi reçu le visa de l’AMMC en décembre 2025.
Ce contexte montre deux choses : d’une part, la régulation marocaine via l’AMMC est structurelle et proactive, car elle supervise rigoureusement chaque levée de capitaux, qu’elle soit interne à l’entreprise ou issue d’une fusion-acquisition. D’autre part, l’entreprise elle‑même adopte des stratégies diversifiées pour mobiliser des capitaux, que ce soit pour se développer ou pour engager ses dirigeants dans la réussite collective.
L’AMMC, en tant qu’instance régulatrice, s’impose comme une pierre angulaire du marché financier marocain. Sa mission est d’assurer que toutes les opérations — y compris celles qui sortent un peu des sentiers battus, comme cette levée de capitaux réservée respectent la loi, restent transparentes et protègent au mieux les acteurs du marché, petits comme grands.
Pour les lecteurs marocains qui suivent l’évolution du marché financier, cette opération est l’occasion de mesurer combien la gouvernance et la structuration des capitaux deviennent des éléments clés dans la compétitivité des entreprises locales cotées en Bourse.
Au‑delà des montants et des chiffres, l’essentiel reste la manière dont le Maroc encadre ses marchés grâce à des institutions comme l’AMMC — vigilant, rigoureux et tourné vers une croissance durable et inclusive.
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